Retassures et gauchissement injection(Warpage) : Causes et solutions thermoplastique

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Retassures et Gauchissement injection : votre Expert pour des Pièces Injectées "Zéro Défaut"

Le Contexte Technique : La Bataille du Volume

Pour comprendre ces défauts, il faut revenir à la base de l'injection thermoplastique : le changement d'état.

Lorsque nous injectons du plastique fondu dans un moule froid, la matière passe de l'état liquide à solide. Ce refroidissement s'accompagne inévitablement d'une réduction de volume (le retrait). Les chaînes de polymères se replient sur elles-mêmes, occupant moins d'espace.

Le problème n'est pas le retrait en lui-même (nous le calculons), mais l'hétérogénéité du retrait.

La Retassure (Sink Mark)

C'est un défaut localisé. Imaginez une zone plus épaisse de votre pièce (une nervure, un bossage). Le cœur de cette zone reste chaud plus longtemps que la peau en contact avec l'acier froid. En refroidissant tardivement, le cœur "tire" la surface vers l'intérieur. Résultat : une dépression visible sur la face aspect.

Le Gauchissement (Warpage)

C'est un défaut global de géométrie. Si différentes zones de la pièce ne refroidissent pas à la même vitesse (retrait différentiel), ou si les molécules sont orientées de manière contrainte, des tensions internes se créent. Une fois la pièce éjectée, libérée de la contrainte du moule, elle cherche à relâcher ces tensions en se tordant.

Note de l'expert : Penser que l'on peut régler un problème de gauchissement majeur uniquement en "jouant" sur les paramètres machine est une utopie coûteuse. La solution se trouve souvent bien en amont, sur la planche à dessin (ou l'écran CAO).

Analyse Profonde : Causes Racines et Solutions Techniques

Entrons dans le "dur" de la technique. Traiter ces défauts demande une approche chirurgicale, différenciée selon que l'on traite un problème esthétique ou dimensionnel.

Les Retassures : Une question de conception et de pression

Les retassures surviennent quasi systématiquement aux intersections de parois (nervures, clips).

  • La Règle des 60% : En conception, l'épaisseur d'une nervure ne doit jamais excéder 50 à 60% de l'épaisseur de la paroi nominale sur laquelle elle s'appuie. Si votre paroi fait 3mm, votre nervure doit faire 1.5mm à sa base. Au-delà, le volume de matière à l'intersection crée un point chaud impossible à compacter correctement.
  • Le maintien (Packing) : C'est la phase clé du cycle d'injection. Il faut continuer à "pousser" de la matière dans le moule pour compenser le retrait volumique tant que le seuil (le point d'entrée) n'est pas gelé. Si le seuil gèle trop vite (parce qu'il est trop petit), le maintien devient inefficace : la retassure apparaît.

Le Gauchissement : La gestion thermique et structurelle

Le gauchissement est plus complexe car multifactoriel. Il dépend de trois axes :

  1. Le Retrait Différentiel Régional : Une zone fine refroidit vite, une zone épaisse refroidit lentement. La zone épaisse va tirer sur la zone fine.
  2. La Différence de Température Moule (Côté fixe vs Mobile) : Si votre moule est à 40°C d'un côté et 80°C de l'autre, la pièce va courber vers le côté chaud (qui refroidit en dernier).
  3. L'Orientation (L'effet Fibre) : Pour les matériaux chargés (ex: PA6 30% FV), les fibres de verre s'alignent dans le sens de l'écoulement. Le retrait est faible dans le sens des fibres, mais fort dans le sens transversal. Cette anisotropie est une cause majeure de déformation.

FamilleExemplesRetrait MoyenTendance au GauchissementSensibilité
AmorphesABS, PC, PMMAFaible (0.4 - 0.7%)ModéréeSensible au refroidissement hétérogène
Semi-CristallinsPP, PE, PA6, POMFort (1.5 - 3.0%)ÉlevéeLa cristallisation accentue le retrait. Très sensible à la température moule.
Chargés FibresPA6 GF30, PBT GF30AnisotropeCritiqueDépend de l'orientation des fibres (conception du seuil).

Cas Concret : Le Boîtier Automobile

Prenons un boîtier connecteur en PBT GF15 (chargé 15% fibre). Lors des premiers essais, le boîtier "banane" de 2mm. Inacceptable pour le montage robotisé.

Analyse : Le système de refroidissement du moule était un simple circuit "standard". Le fond du boîtier restait chaud trop longtemps.

Solution : Modification du moule par nos capacités d'outillage en interne pour intégrer un noyau en alliage Cupro-Béryllium (haute conductivité thermique) et optimisation du circuit d'eau. Résultat : temps de cycle réduit de 15% et planéité sous les 0.2mm.

La Force du Groupe

C'est ici que notre écosystème industriel prend tout son sens. Ailleurs, vous auriez un injecteur qui blâme le mouliste, et un mouliste qui blâme la matière.

Chez nous, Sagaert (Injection) et et nos capacités en interne (Moules) travaillent bureau contre bureau. Cette proximité nous permet d'appliquer une approche globale :

C'est un peu comme avoir le chirurgien et l'anesthésiste dans la même équipe : on s'assure que le patient se réveille en pleine forme.

L'Approche Stratégique : ROI et Qualité

Investir dans une étude rhéologique ou un acier de moule plus performant peut sembler coûteux au départ. Mais calculons le coût de la "non-qualité" :

  • Taux de rebut élevé en production (perte matière + énergie).
  • Reprise d'usinage sur les pièces déformées (coûts main d'œuvre).
  • Arrêt de ligne chez le client final.

Une pièce bien conçue, dans un moule thermiquement équilibré, c'est un Cycle Time (temps de cycle) réduit. Si on gagne 3 secondes sur une pièce produite à 100 000 exemplaires, l'investissement dans l'étude est rentabilisé en quelques mois. La qualité paie, littéralement.

FAQ Étendue : Vos questions techniques

Retrouvez les questions les plus fréquentes liées aux retassures et gauchissements injection.
1Peut-on rattraper une pièce gauchie avec un gabarit de conformation ?
Oui, c'est possible. On place la pièce chaude dans un gabarit (un conformateur) en sortie de presse pour la forcer à garder la bonne géométrie en refroidissant. Cependant, cela ajoute une opération manuelle coûteuse et crée des contraintes internes résiduelles qui peuvent se relâcher si la pièce est réchauffée plus tard (ex: dans un habitacle de voiture en plein été). C'est une "béquille", pas une solution idéale.
2Pourquoi ai-je des retassures même avec un temps de maintien très long ?
Probablement parce que votre seuil d'injection (point d'entrée) est trop petit ou mal placé. S'il gèle (solidifie) avant la pièce, la pression de maintien ne peut plus agir sur la matière à l'intérieur du moule. Il faut rouvrir le seuil (mission pour Huyghe ou OPMM).
3Les agents d'expansion (moussage) sont-ils une solution ?
Absolument. Pour les pièces épaisses, l'injection chimique ou physique (type MuCell) crée une structure micro-cellulaire interne. Le gaz pousse la matière contre les parois, éliminant les retassures sans avoir besoin d'un compactage énorme. Nous pouvons étudier cette option pour vos projets.
4Quelle est l'influence de la contre-pression sur le gauchissement ?
Une contre-pression plus élevée permet une meilleure homogénéisation de la matière fondue (température uniforme). Une matière thermiquement homogène subira moins de contraintes internes, réduisant ainsi le risque de gauchissement aléatoire.
5Comment différencier une retassure d'une vacuole ?
La retassure est une dépression en surface. La vacuole est un vide (bulle) à l'intérieur de l'épaisseur. Si la peau de la pièce est très rigide, elle ne s'affaisse pas, mais la matière se déchire à cœur en refroidissant, créant une bulle de vide.
6Pourquoi les matières semi-cristallines gauchissent-elles plus ?
Parce qu'elles ont un retrait beaucoup plus important (jusqu'à 2-3% pour du PEHD contre 0.5% pour de l'ABS) et que ce retrait dépend de leur taux de cristallinité. Si une partie du moule est plus froide, la matière y sera moins cristalline qu'ailleurs, créant une différence de densité et donc une déformation.

Conclusion

Le gauchissement et les retassures ne sont pas une malédiction, ce sont des symptômes. Ils signalent un déséquilibre entre la conception de la pièce, la conception du moule et le process.

Chez Sagaert, soutenus par la puissance mécanique de Huyghe, OPMM, MDM et FERO-LMO, nous maîtrisons toute la chaîne de valeur. Nous ne nous contentons pas d'injecter, nous corrigeons, nous optimisons et nous garantissons la fonctionnalité.

Vous avez un projet complexe ou une pièce actuelle qui vous pose problème ? Ne la laissez pas partir en production "tordue".

Envoyez-nous vos fichiers 3D pour une pré-analyse. Nos experts examineront les zones critiques et vous proposeront une stratégie de moule et d'injection pour garantir une géométrie parfaite.

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